MethodesAgiles7Habits

mercredi 8 août 2007

J’ai lu The 7 Habits of Highly Effective People et je ne cesse de le relire depuis. Quand je me suis interessé aux Méthodes agiles, je me suis étonné du rapprochement des idées de l’auteur avec les principes des méthodes agiles. Voici ce que nous apprend Stephen R. Covey.

Les personnes très efficaces semblent avoir développer les habitudes suivantes dans leur vie:

  • Etre proactif
  • Commencer avec la fin à l’esprit c’est à dire visualiser la fin
  • Mettre les premières choses en premier, c’est à dire s’occuper des choses importantes en premier
  • Penser Gagnant / Gagnant, avoir des relations Gagnant / Gagnant avec les autres
  • Chercher d’abord à comprendre
  • Créer la synergie
  • “Eguiser la hache”, c’est à dire savoir être équilibré

Etre proactif

Cela consiste à concentrer nos efforts et notre attention sur le long-terme et de penser aux conséquences de nos actions. Etre proactif se distingue d’être réactif. Les personnes réactives pensent qu’elles ne peuvent pas avoir une influence sur les circonstances et c’est le cas car elles ne font pas l’effort pour changer leur comportement et attendent que les évenements se produisent. Ex: “Mon chef fait n’importe quoi, je ne peux rien y faire !”. Les personnes proactives ne vont pas accepter que l’on ne puisse rien changer et vont donc montrer qu’il est possible de faire un choix. Nous n’avons pas le contrôle sur ce que la vie nous prépare, par contre nous avons le choix sur comment y répondre. Une fois que nous avons accepté la responsabilité que nous avons sur les évenements de notre vie et la force de caractère pour accepter nos erreurs alors il est possible d’exercer les options qui se présentent à nous à chaque instant de notre vie.

Commencer avec la fin à l’esprit

Tant que nous ne visualisons pas la fin alors nous ne sommes pas capable de diriger notre vie pour nous donner la meilleure satisfaction possible car nous n’avons pas réfléchi à la finalité de la vie. Pour s’engager vers cette habitude, il faut avoir un rêve, définir sa propre vision, définir des buts précis mesurables pour permettre d’évaluer la progression vers ce rêve. Stephen Covey propose de se projetter au moment de notre mort et d’imaginer ce que nos proches pensent de nous. Cette approche est aussi adopter en Sophrologie avec la pratique de la “Sopho Acceptation Progressive”.

Mettre les premières choses en premier

Cela veut dire gérer les choses importantes en priorité. Souvent les gens gèrent les choses urgentes et ne consacrent pas assez de temps aux choses peu urgentes mais importantes, or c’est ces tâches qui sont les plus valeurisantes. Plannifier, préparer, prévenir, construire des relations, lire, augmenter ses connaissances, faire des exercices sont des exemples de tâches Importantes /Pas urgentes. Il faut être capable de dire non à certaines tâches pour pouvoir se consacrer aux tâches qui comptent et il faut savoir ce qui est important pour nous. En travaillant sur les choses importantes et peu urgentes, le nombre de tâches urgentes importantes va se réduire et nous sommes plus en mesure de controller notre vie et d’être plus serein.

Penser gagnant / gagnant

Cela consiste à trouver une solution profitable pour les deux intervenants, cela ne consiste pas à trouver un compromis. Chercher un compris suppose que l’on perd la chance de créer une situation de synergie. Si la situation ne s’y prête pas, il ne faut pas établir de marché alors. Cela fonctionne bien car cela évite aux deux parties de faire un effort important pour convaincre l’autre. L’effort consiste plutôt à essayer de se comprendre.

Chercher d’abord à comprendre et ensuite à être compris

Dans les discussions, c’est souvent l’inverse qui se passe. Chacun essaye de son côté de se faire comprendre et on arrive alors à un dialogue de sourds. Ceci fonctionne très bien, car en faisant l’investissement de comprendre la personne rend la conversation dynamique. L’habitude ne consiste pas à laisser parler l’autre en premier mais à comprendre ce qu’il est dit. L’erreur est toujours présente car nous avons une vision personnelle du contexte qui découle de notre experience. Quand on devient plus ouvert et prêt à apprendre et plus interessé alors la dynamique change et nous sommes prêts à trouver de véritables solutions qui profitent aux deux parties.

Créer la synergie

Une situation de synergie est une situation où les deux parties ont trouvé une solution meilleure que chacun avait proposé initiallement. C’est l’objectif à atteindre, c’est d’abord chercher à comprendre et trouver une situation Gagnante / Gagnante.

Eguiser la hâche

“Eguiser la hâche” correspond à devenir meilleur, plus enthousiaste et efficace. Cela consiste à s’exercer en travaillant sur les trois des disciplines humaines qui sont le corps, la conscience et l’esprit.

  • Esprit: L’esprit peut être travaillé par la méditation qui consiste à ne plus penser pendant 15 min par exemple ou par l’imagination. Il semble important de travailler sur les choses spirituelles de façon régulière, c’est elles qui nous guident dans notre vie et nous permettent d’aller plus loin.
  • Corps: Le travail du corps est important pour avoir de l’énergie et sentir bien. Un travail de 3 sessions / semaine de 20 minutes permet de trouver un bon équilibre.
  • Mental: Se poser les questions suivantes: Que puis-je faire pour éguiser mon esprit ? Dans quel programme d’éducation suis-je engagé ? Qu’est ce que je peux faire pour augmenter mon savoir dans mon travail ? La lecture est un bon moyen de progresser mais celle-ci doit être selective pour approfondir notre compréhension. Elle doit s’enrichir de littérature classique.
  • Interpersonnelle: Ce n’est pas une discipline comme les autres, cela correspond à un engagement qui correspond à ne pas réagir à des actions, des comportements ou un langage qui sont innapropriés de la part des autres, mais à être proactif pour essayer de comprendre les autres et de trouver des solutions synergétiques ensemble.

Conclusion

Les méthodes agiles poussent à responsabiliser les personnes et à penser Gagnant / Gagnant dans les relations humaines. C’est pas tant le développement d’applications logicielles qui est en jeu mais les relations humaines et le comportement des acteurs. Comme le dit Pierre Pezziardi dans son article http://www.pezziardi.net/dotclear/index.php?2005/05/08/13-codeur-pas-macon, en France, les ingénieurs informaticiens sont considérés comme des ouvriers qui ne sont capables de prendre des initiatives et donc d’être responsables. On reste toujours dans le modèle hiérarchique des années 60 où le chef prend des décisions et tout le monde obéit ou plutôt subit. On entre alors dans des modèles d’entreprise peu performante même si les chiffres d’augmentation du chiffre d’affaire montrent le contraire aux actionnaires. On se trouve dans des entreprises fermées, peu agiles, et donc qui subissent les événements. Les managers ne font que de la politique interne et externe, un peu de management et surtout aucun leadership. Etre un leader, c’est difficile, car il faut visualiser, anticiper, être ouvert et penser long terme plutôt que court terme. Etre un leader c’est une énorme résponsabilité car c’est lui qui décide de oui ou non on va dans une direction. Si la direction est mauvaise, même si les équipes sont excellentes, le résultat sera mauvais. L’agilité et la création de valeur a vraiment du travail à faire dans les entreprises et pas seulement dans les projets de développement.

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